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Ordre national de la Légion d’honneur
Image illustrative de l'article Ordre national de la Légion d'honneur
Croix de chevalier de la Légion d’honneur - Avers
Décernée par :
Flag of France France
Type Ordre honorifique civil et militaire
Éligibilité Militaires ou civils
Décerné pour Conduite civile irréprochable et méritante ou faits de guerre exceptionnels après enquête officielle
Statut Toujours décerné
Organisation
Grade(s) Grand maître
Grand-croix
Grand officier
Commandeur
Officier
Chevalier
Statistiques
Date de création 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte
Première attribution 14 juillet 1804
Total de récompensés Au 15 juillet 2010 :
Chevaliers : 74 834
Officiers : 17 032
Commandeurs : 3 009
Grands officiers : 314
Grands-croix : 67
Grand maître : 1
Importance
Ordre de la Libération Suivant

Image illustrative de l'article Ordre national de la Légion d'honneur
Ruban de chevalier de l'ordre de la légion d'honneur
Décret portant création de la Légion d'honneur

Décret du 29 floréal an X (19 mai 1802) portant création de la Légion d'honneur.

Debret - Premiere distribution des decorations de la Legion d'honneur

Première distribution des décorations de la Légion d’honneur, par l’empereur Napoléon le 14 juillet 1804 d’après le peintre Jean-Baptiste Debret

Premiere-legion-dhonneur

Distribution de la Légion d’honneur au camp de Boulogne, le 16 août 1804
Charles Étienne Pierre Motte (1785-1836), d’après Victor-Jean Adam (1801-1866)

L’ordre national de la Légion d’honneur est l'institution qui, sous l'égide du grand chancelier de l'ordre et du grand maître, est chargée de décerner la plus haute décoration honorifique française. Elle a été instituée le 19 mai 1802 par Napoléon Bonaparte. Elle récompense depuis ses origines les mérites éminents militaires ou civils rendus à la Nation.

Historique Modifier

Article détaillé : Napoléon Ier et les décorations.

Romaine par son nom (inspirée par la Legio honoratorum conscripta de l’Antiquité) [citation nécessaire], par son symbolisme (les aigles) et son organisation (seize cohortes pour la France), la Légion d’honneur rompt avec la tradition des ordres d’Ancien Régime en étant ouverte à tous, et non plus seulement aux officiers. Comme certains y voient une atteinte au principe de l’égalité civique, Bonaparte, en conseil d’État justifie cette institution : « Je vous défie de me montrer une république, ancienne ou moderne, qui savait se faire sans distinctions. Vous les appelez les hochets, eh bien c’est avec des hochets que l’on mène les hommes. »

La Révolution française avait en effet aboli toutes les décorations de l’Ancien Régime. L’Assemblée constituante avait créé la Décoration militaire, bientôt elle aussi supprimée. Sous la Convention, les généraux avaient pris pour habitude d’attribuer des armes d’honneur (fusil d’honneur, sabre d’honneur, ou encore tambour d’honneur) pour récompenser les actes de bravoure.

Le projet de loi[1] est discuté devant le Conseil d'État à partir du 14 floréal an X (4 mai 1802) : Bonaparte y intervient personnellement et pesa de tout son poids pour soutenir la nécessité de distinctions, pour repousser la création d'un ordre strictement militaire et pour réfuter les accusations de retour à l'Ancien Régime. Le projet est adopté par 14 voix contre 10. Saisi du projet le 17 mai, le Tribunat, qui avait nommé Lucien Bonaparte rapporteur, l'approuve par 56 voix contre 38, malgré l'opposition jacobine qui craint la restauration d'une nouvelle aristocratie et une entorse au principe révolutionnaire d'égalité. Lucien Bonaparte, Pierre-Louis Roederer, Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont et Mathieu Dumas défendent tant et si bien le texte de loi qu'il est adopté le 19 mai 1802, par le Corps législatif[2]. La loi n'est signée et scellée par le Premier Consul que le 9 prairial an X (29 mai 1802)[3].

Les premières nominations sont publiées en fructidor an XI (septembre 1803). Quatre grades sont créés : « légionnaire », « officier », « commandant » et « grand officier ». Les insignes sont fixés par décret le 22 messidor an XII (11 juillet 1804) : une étoile d'argent pour les légionnaires, une étoile d'or pour les autres grades. Le 26 messidor[4] a lieu en la chapelle des Invalides la toute première remise de Légion d’honneur par Napoléon Bonaparte aux officiers méritants au cours d’une fastueuse cérémonie officielle.

Un décret du 10 pluviôse an XIII (30 janvier 1805) ajoute la Grande Décoration dont les titulaires seront par la suite nommés « grand aigle », puis « grand cordon » (ordonnance du 19 juillet 1814) et enfin « grand-croix » (ordonnance du 26 mars 1816). À cette date, les appellations sont modifiées comme suit : les légionnaires deviennent des « chevaliers », les commandants des « commandeurs »[5].

L’association des mérites militaires et civils (la répartition actuelle est environ 2/3 1/3), permet à l’Ordre de survivre à tous les régimes jusqu’à aujourd’hui, où on dénombre plus de 94 000 légionnaires.

Le général de corps d'armée Jean Vallette d'Osia (décoré en 1917 à l'âge de 19 ans) est celui qui aura appartenu à l'ordre le plus longtemps, 82 ans, et sera décoré du grand cordon en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing.

Organisation Modifier

L'ordre de la Légion d'honneur, institué par la loi du prise en application de l'article 87 de la Constitution du 22 frimaire an VIII[N 1], est une communauté constituée de tous ses membres, dotée d'un nom, d'un sceau, d'un statut[N 2], d'un patrimoine, et d'une personnalité juridique de droit public.

Sa devise est « Honneur et Patrie ».

La Légion d’honneur est composée de chevaliers, d’officiers, de commandeurs, de grands officiers et de grands-croix[6].

Les grands officiers et les grands-croix sont dignitaires de l'ordre. Leur rang correspond à une dignité et non à un grade.

La grande chancellerie est située à Paris dans le 7e arrondissement, dans l’hôtel de Salm, appelé aujourd’hui palais de la Légion d'honneur. Ce palais abrite aussi le musée de la Légion d’honneur.

Le grand maître Modifier

Collier LH

Grand collier de la Légion d'honneur.

Le président de la République est le grand maître de l’ordre[7]. La dignité de grand-croix lui est conférée de plein droit[8]. Le président de la République, lors de la cérémonie de son investiture, est reconnu comme grand maître de l’ordre par le grand chancelier qui lui remet le grand collier en prononçant les paroles suivantes : « Monsieur le président de la République, nous vous reconnaissons comme grand maître de l’ordre national de la Légion d'honneur[9] ».

Le grand chancelier Modifier

Sous l’autorité du grand maître et suivant ses instructions, le grand chancelier dirige les travaux du conseil de l’ordre et ceux des services administratifs. Il relève directement du président de la République, grand maître de l’ordre, qui peut l’appeler à être entendu par le conseil des ministres quand les intérêts de l’ordre y sont évoqués[10].

Le grand chancelier est nommé par le président de la République, en Conseil des ministres[N 3] ; il est choisi parmi les grands-croix de l’ordre. Il demeure en charge pour une période de six ans, sauf s’il est mis fin plus tôt à ses fonctions. Cette période est renouvelable[11]. Depuis Lacépède, la plupart des chanceliers furent des militaires. Les responsabilités du grand chancelier sont assez étendues : il a la charge de tous les problèmes liés aux décorations en France. C’est notamment le grand chancelier qui accorde les autorisations de port des décorations étrangères. Il est également Chancelier de l’ordre national du Mérite.

Le conseil de l'ordre de la Légion d'honneur Modifier

Grande Chancellerie de la Légion d'honneur

Le palais de la Légion d'honneur, quai Anatole-France.

Le conseil de l'ordre, réuni sous la présidence du grand chancelier, délibère sur les questions relatives au statut et au budget de l'ordre, aux nominations ou promotions dans la hiérarchie et à la discipline des membres de l'ordre et des bénéficiaires de distinctions de l'ordre[12]. Le conseil comprend :

  • le grand chancelier, président ;
  • quinze membres choisis parmi les dignitaires et commandeurs de l’ordre ;
  • un membre choisi parmi les officiers ;
  • un membre choisi parmi les chevaliers[13].

Ces membres sont choisis par le grand maître, sur proposition du grand chancelier. Ils sont nommés par décret[14]. Le conseil est renouvelé tous les deux ans, à raison alternativement de huit et neuf membres ; les membres sortants peuvent être nommés à nouveau[15].

Nomination et promotion Modifier

Ordre national de la Légion d’Honneur, Croix de Chevalier attribuée au lieutenant Tessier

Arrêté ministériel décernant la croix de chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur à un lieutenant « mort pour la France », en 1915.

L’admission et l’avancement dans la Légion d'honneur sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du président de la République pour une période de trois ans[16].

Conditions Modifier

Les conditions générales pour accéder à l’ordre « à titre normal » sont les suivantes :

  1. Nul ne peut être reçu dans la Légion d'honneur s'il n'est français[17] ;
  2. Nul ne peut accéder à la Légion d'honneur dans un grade supérieur à celui de chevalier[18] ;
  3. Pour être admis au grade de chevalier, il faut justifier de services publics ou d’activités professionnelles d’une durée minimum de vingt années, assortis dans l’un et l’autre cas de mérites éminents[19] ;
  4. Ne peuvent être promus aux grades d’officier ou de commandeur que les chevaliers et les officiers comptant au minimum respectivement huit et cinq ans dans leur grade et justifiant de titres de la qualité requise acquis postérieurement à l’accession audit grade[20].

À titre exceptionnel, en temps de guerre, les actions d’éclat et les blessures graves peuvent dispenser des deux dernières conditions pour l'admission ou l’avancement dans la Légion d'honneur[21]. Le Premier ministre est autorisé par délégation du grand maître à nommer ou à promouvoir dans l’ordre, dans un délai d’un an, les personnes tuées ou blessées dans l’accomplissement de leur devoir et qui sont reconnues dignes de recevoir cette distinction[22].

Depuis un décret de novembre 2008[23], des nominations directes aux grades d'officier et de commandeur ainsi qu’à la dignité de grand officier peuvent intervenir, afin de récompenser des carrières hors du commun, tant par leur durée que par l’éminence des services rendus. En janvier 2009, Simone Veil[24] a été la première à bénéficier de cette disposition en étant directement élevée à la dignité de grand officier[25]. La nomination directe à un grade supérieur à celui de chevalier est également possible lorsqu'il s’agit d’honorer une personnalité étrangère : c’est alors en fonction du rang protocolaire des récipiendaires (ainsi le prince Albert de Monaco a-t-il été directement élevé à la dignité de grand officier de l’ordre en 1984)[réf. nécessaire].

Depuis ce même décret, « la dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ».

L’attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les préfets honoraires, les anciens députés ou sénateurs (les ministres et parlementaires en activité sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les anciens hauts magistrats et ambassadeurs. L’obtention d’une médaille d’or aux Jeux olympiques fait l'objet d'une promotion spéciale. L’armée obtient cinquante pour cent des places et les autres professions bien représentées sont les policiers, les pompiers, les élus, les hauts fonctionnaires et les représentants des cultes.

La troisième génération successive de titulaires de la Légion d’honneur pouvait bénéficier de la noblesse héréditaire. Cette disposition, tombée en désuétude sous la IIIe République et abolie en 1962 lors de la parution du code de la Légion d'honneur, provenait de l'ordonnance royale du 8 octobre 1814[26] qui dispose que : « lorsque l'aïeul, le fils et le petit-fils auront été successivement membres de la Légion d'honneur et auront obtenu des lettres patentes, le petit-fils sera noble de droit et transmettra sa noblesse à toute sa descendance ».

Modalités Modifier

Les ministres adressent leurs propositions au grand chancelier trois fois par an : les 1er janvier, 1er avril et 1er octobre. Le Premier ministre, auquel il est rendu compte de ces propositions par chaque ministre, adresse directement au grand chancelier les avis et observations qu’elles appellent éventuellement de sa part[27]. Depuis 2008, une procédure d’« initiative citoyenne » permet à tout citoyen de proposer une personne qu’il estime méritante pour une première nomination dans la Légion d’honneur ou dans l’ordre national du Mérite. Si cette proposition est soutenue par cent personnes dans le même département, elle est examinée par le préfet et, s’il juge la proposition justifiée, la transmet au ministre de tutelle ainsi qu’au grand chancelier[28].

Les propositions sont communiquées par le grand chancelier au conseil de l’ordre qui vérifie si les nominations ou promotions sont faites en conformité des lois, décrets et règlements en vigueur et se prononce sur la recevabilité des propositions en les appréciant d’après les critères fixés ci-dessus et en conformité des principes fondamentaux de l’ordre[29]. Le conseil rejette environ 15 % des propositions (pour diverses raisons : mérites insuffisants, délais pas respectés, intervalles entre deux décorations insuffisants, antécédents judiciaires, problèmes fiscaux)[30].

Les nominations ou promotions sont officialisées par un décret du président de la République, visé pour son exécution par le grand chancelier et contresigné par le Premier ministre et, le cas échéant, par le ministre compétent[31]. Lorsqu'ils concernent les nominations directes, les nominations et promotions à titre exceptionnel, les promotions au grade de commandeur et aux dignités de grand officier et de grand-croix, ces décrets sont pris en conseil des ministres[32].

L’admission et l’avancement dans l’ordre sont prononcés dans la limite de contingents fixés par décret du président de la République pour une période de trois ans. Ces contingents sont répartis entre le président et les différents ministres qui adressent leurs propositions au grand chancelier.

L’admission dans l’ordre (chevalier) comportait, à sa création, une rente annuelle (conséquente pour l'époque notamment pour la plupart des soldats décorés d'origine modeste, quand n'existaient pas alors les actuels régimes sociaux de retraite et où les rentes militaires versées aux anciens soldats d'une armée beaucoup plus nombreuse étaient minimes) insaisissable de 250 francs or[33]. En 2009, cette rente annuelle, réservée aux décorations attribuées à titre militaire[34], est beaucoup plus symbolique et ne s’élève plus qu’à[35] :

  • chevalier : 6,10 € (valeur arrondie en euros équivalente à 40,00 FRF) ;
  • officier : 9,15 € (60,00 FRF) ;
  • commandeur : 12,20 € (80,00 FRF) ;
  • grand officier : 24,39 € (160,00 FRF) ;
  • grand-croix : 36,59 € (240,00 FRF).

En juillet 2016, un rapport du Sénat[36] propose de supprimer ces rentes symboliques, mettant en avant que les coûts de traitement (entre 650 000 et 800 000 EUR) sont plus élevés que les montants effectivement distribués (720 000 EUR).

Réception dans l'ordre Modifier

La qualité de membre de l’ordre prend effet après la réception[37], et dure toute la vie[38] ; elle n'est pas transmissible aux descendants.

Les grand-croix et les grands officiers (parfois aussi les commandeurs, des personnalités souvent artistiques et de nationalité étrangère lors de leur séjour en France) reçoivent leurs insignes des mains du président de la République. Toutefois, en cas d’empêchement, le grand chancelier ou un dignitaire ayant au moins le même rang dans l’ordre est délégué pour procéder à ces réceptions[39].

Le grand chancelier désigne, pour procéder à la réception des commandeurs, officiers et chevaliers, un membre de l'ordre d’un grade au moins égal à celui du récipiendaire[40].

Par dérogation, le Premier ministre et les ministres peuvent procéder aux réceptions dans tous les grades et dignités de l’ordre par délégation du président de la République. Les ambassadeurs en poste dans un pays étranger peuvent également procéder aux réceptions[41].

Attribution aux étrangers Modifier

Les étrangers qui se sont signalés par les services qu'ils ont rendus à la France ou aux causes qu'elle soutient peuvent recevoir les insignes correspondant à une distinction de la Légion d'honneur. Ils ne sont pas pour autant reçus membres de l’ordre[42].

La distinction est aussi attribuée (hors contingent) à des chefs d’État (lors de la visite d'État), Premiers ministres, membres de gouvernement, ambassadeurs, hommes d'affaires ou artistes étrangers lors de leur venue en France, et à quiconque a servi les intérêts de la France[30]. Par exemple, le 19 février 1999, le président de la République Jacques Chirac a remis l’insigne à des anciens combattants américains de la Première Guerre mondiale. Ainsi une polémique a éclaté concernant la décoration en 2006 de Vladimir Poutine, président de la Fédération russe (2000-2008), comme grand-croix de la Légion d’honneur. Également, le 24 août 2015, François Hollande a remis l'insigne aux trois Américains et au Britannique qui s'étaient saisis du forcené de l'attentat du train Thalys le 21 août 2015 pour le désarmer.

Description Modifier

L’insigne, dont le dessin s'inspire de la croix de l'Ordre du Saint-Esprit, est une étoile à cinq rayons doubles émaillés de blanc, les dix pointes boutonnées. L’étoile et les boutons sont en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Les rayons sont reliés par une couronne, d’argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (à droite) et de laurier (à gauche) et dont les extrémités inférieures, entrecroisées, sont attachées par un nœud. Le centre de l’étoile présente un médaillon en or avec une tête de Cérès de profil, symbolisant la République (de Napoléon Ier sous les deux empires, d'Henri IV sous la Restauration et la monarchie de juillet et de Bonaparte, Consul, sous la Deuxième République), entourée d’un cercle bleu, portant les mots : RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. L’étoile est suspendue à une couronne de feuilles (couronne impériale sous les deux empires et royale sous la Restauration et la monarchie de juillet), d’argent ou de vermeil suivant le grade, émaillée de vert et composée de feuilles de chêne (cette fois-ci à gauche) et de laurier (cette fois-ci à droite). Au revers, le médaillon d’or porte deux drapeaux tricolores avec l’inscription Honneur et Patrie (devise inchangée depuis la création de l'ordre) en exergue ainsi que la date de création de l’ordre : 29 floréal An X.


Louis VI Henri de Bourbon, Prince de Condé, Delaval, Chantilly

Le dernier prince de Condé, par Delaval, portant la Grand-croix du modèle de la Monarchie de Juillet. Musée Condé de Chantilly

L’insigne est suspendu à un ruban rouge, que certains estiment hérité de l’ordre militaire de Saint-Louis. Il comporte une rosette pour les officiers. La dimension de l’insigne en vermeil des commandeurs, suspendu à une cravate, est de moitié plus grande que celle des deux premiers grades. La cravate de commandeur se porte toujours seule autour du cou (ce qui n’est pas le cas des autres cravates de commandeurs français : Mérite national, maritime, agricole, etc., qui peuvent être portés ensemble). Les grands officiers portent la croix d’officier accompagnée d'une plaque (vulgairement appelée « crachat ») sur le côté droit de la poitrine. Les grands-croix portent la même plaque, mais en vermeil, sur le côté gauche de la poitrine. Leur croix de vermeil, presque du double de celle des deux premiers grades, se porte en écharpe, suspendue à un large ruban rouge qui passe sur l’épaule droite.

En tenue civile, les chevaliers portent à la boutonnière un ruban rouge, les officiers une rosette rouge, les commandeurs une rosette rouge sur demi-nœud en argent, les grands officiers une rosette rouge demi-nœud moitié argent moitié or, et les grands-croix une rosette rouge sur demi-nœud en or. Le demi-nœud est familièrement appelé « canapé ».

Wearing of the insignia of the Légion d'honneur (gentlemens)
Rubans portés sur les uniformes
Legion Honneur Chevalier ribbon
Chevalier
Legion Honneur Officier ribbon
Officier
Legion Honneur Commandeur ribbon
Commandeur
Legion Honneur GO ribbon
Grand officier
Legion Honneur GC ribbon
Grand-croix

Évolution de la décoration Modifier

Le tableau suivant présente les différents évolutions, selon les régimes, de la décoration.

Période Chevalier Officier Commandeur Grand officier Grand-croix
Consulat & Empire
(type I)
Légion d'honneur Aigle d'Argent Type 1 avers Légion d'honneur (Aigle d'or type I, avers) [N1 1]
Cordon, grand aigle et plaque
Croix d'officier de la Légion d'honneur, portée avec le grand aigle, le grand cordon et la plaque

[N1 2]
Empire
(type II)
(14 avril 1806)
Légion d'honneur Aigle d'Argent Type 2 avers Légion d'honneur Aigle d'Or Type 2
Empire
(type III)
(1808)
Légion d'honneur Chevalier Type 3 avers Légion d'honneur Officier Type 3 avers
Empire
(type IV)
(1811)
Légion d'honneur Chevalier Type 4 avers Légion d'honneur Officier Type 4 (1811-1815) 2
Grand Cordon
Croix d'officier de la Légion d'honneur (Aigle d'Or), portée avec le cordon de Grand officier
Plaque
Grand aigle Croix d'officier de la Légion d'honneur (Aigle d'Or), portée avec le cordon de Grand officier
Restauration Légion d'honneur Officier Restauration avers & revers
Grand officier de la Légion d'honneur
Croix d'officier de la Légion d'honneur, portée avec le cordon de Grand officier

[N2 1]
Cordon et insigne
Plaque
Monarchie de Juillet Légion d'honneur Officier Monarchie de Juillet Légion d'honneur Commandeur Monarchie de Juillet
Cordon et insigne
Plaque
Cordon et insigne
Plaque
Présidence Légion d'honneur Commandeur Presidence 1851-1852 Légion d'honneur Grand-croix IIe République
Second Empire Légion d'honneur Officier Second Empire avers Légion d'honneur Commandeur Second Empire Avers
Plaque de la Légion d'honneur
Insigne d'officier de la Légion d'honneur
Cordon et insigne
Plaque
IIIe République Légion d'honneur Chevalier IIIe République Légion d'honneur Officier IIIe République Legion-dHonneur-IMG 0885 Légion d'honneur Grand-croix (bijou) IIIe République
IVe République Légion d'honneur Grand officier Plaque Légion d'honneur Grand-croix IVe République insigne
Ve République Chevalier légion d'honneur 2 Légion d'honneur (Officier, Ve République)
Avers
Avers
Revers
Revers
Croix de commandeur de la Légion d'honneur
(Modèle Ve République, avers et revers).
Légion d'honneur Grand officier Plaque Légion d'honneur Grand-croix Ve République


Ordre Modifier

L'ordre de la Légion d'honneur, institué par la loi du 19 mai 1802 prise en application de l'article 87 de la Constitution de l'An VIII[43], est une communauté constituée de tous ses membres, dotée d'un nom, d'un sceau, d'un statut[44], d'un patrimoine, et d'une personnalité juridique de droit public.

Sa devise est Honneur et Patrie.

Le président de la République est le grand maître de l’ordre. Le grand collier de la Légion d'honneur (composé de 16 anneaux en or massif) est remis au président par le grand chancelier, le jour de son investiture. On le voit sur les photos officielles puis il est déposé au musée de la Légion d’honneur.

Le grand chancelier de la Légion d’honneur est choisi parmi les grands-croix par le président de la République. Depuis 1969, il est nommé pour six ans. Depuis Lacépède, la plupart des chanceliers furent des militaires. Les responsabilités du grand chancelier sont assez étendues : il a la charge de tous les problèmes liés aux décorations en France. C’est notamment le grand chancelier qui accorde les autorisations de port des décorations étrangères. Il est également grand chancelier de l’ordre national du Mérite.

Le grand chancelier est assisté d’un conseil réunissant des membres divers de la Légion, civils et militaires, à partir du grade de commandeur.

La grande chancellerie est située à Paris dans le 7e arrondissement, dans l’hôtel de Salm, appelé aujourd’hui palais de la Légion d'honneur. Ce palais abrite aussi le musée de la Légion d’honneur.

Code de l'ordre Modifier

Récipiendaires de la Légion d’honneur Modifier

Catégories 
Listes 

Villes Modifier

Institutions Modifier

La croix a été remise également à des régiments, des établissements d’enseignement (du supérieur comme l'École des Mines de Paris[45], l'École des Mines de Saint-Étienne[46], l’École Centrale Paris[47], l'École nationale supérieure des Télécommunications[48] (aujourd’hui « Télécom ParisTech »), l’École polytechnique, les Écoles nationales d’arts et métiers (aujourd’hui « Arts et Métiers ParisTech »), l'École des mines de Douai[49], l’École des chartes ou l’université de Nancy, ou du secondaire comme le lycée Lalande de Bourg-en-Bresse, l’École militaire préparatoire d'Autun, le lycée militaire d'Aix-en-Provence[50], ou le Prytanée national militaire de La Flèche), des communautés, des entreprises (dont la SNCF) et à une association (la Croix-Rouge française).

L'École coloniale d'agriculture de Tunis[51] est la seule école civile étrangère décorée de l'Ordre par décret signé par Vincent Auriol, président de la République, à Paris le 27 avril 1950 (J.O du 27 avril 1950).

La préfecture de police de Paris a été décorée de la Légion d'honneur par le général de Gaulle le 12 octobre 1944, suite à l'insurrection d'une partie de ses agents, le 19 août 1944, dans la caserne de la Cité. C'est la raison pour laquelle ses agents en tenue d'honneur portent la cordelière[52] rouge, à l'épaule gauche, les jours de cérémonie.

Unités militaires Modifier

La hampe du drapeau ou de l’étendard des unités ou formations suivantes, a été décorée de la Croix de la Légion d’honneur[53] :

La Légion d'honneur sous l'Empire Modifier

Eastlake - Napoleon on the Bellerophon

Charles Lock Eastlake (en), « Napoleon on the Bellerophon », 1816.
Il s'agit d'une des rares représentation de l'Empereur où celui-ci porte les décorations des trois ordres dont il est le grand-maître : Légion d'honneur, Ordre de la Réunion et Ordre de la Couronne de fer.

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Cohorte de la Légion d'honneur Modifier

Article détaillé : Cohorte de la Légion d'honneur.

Grand Collier de la Légion d'honneur Modifier

Maisons d’éducation de la Légion d’honneur Modifier

Musée de la Légion d'honneur Modifier

Article détaillé : Musée de la Légion d'honneur.

Principales autres décorations françaises Modifier

Dans le respect de l’ordre protocolaire de port des principales décorations officielles françaises[55].

  1. Légion d'honneur
  2. L’ordre de la Libération
  3. La médaille militaire
  4. L’ordre national du Mérite
  5. La Croix de guerre 1914-1918
  6. La Croix de guerre 1939-1945
  7. La Croix de guerre des TOE
  8. La Croix de la Valeur militaire
  9. La Médaille de la Gendarmerie nationale
  10. La Médaille de la Résistance
  11. L’ordre des Palmes académiques
  12. L’ordre du Mérite agricole
  13. L’ordre du Mérite maritime
  14. L’ordre des Arts et des Lettres
  15. La Médaille des Évadés
  16. La Croix du combattant volontaire 1914-1918
  17. La Croix du combattant volontaire 1939-1945
  18. La Croix du combattant volontaire de la Résistance
  19. La Croix du combattant volontaire d'Indochine
  20. La Croix du combattant volontaire de Corée
  21. La Croix du combattant volontaire d'Afrique du Nord
  22. La Médaille de l'Aéronautique
  23. La Croix du combattant
  24. La Médaille de la Reconnaissance française
  25. La Médaille d’Outre-Mer, ancienne médaille coloniale
  26. La Médaille de la Défense nationale
  27. La Médaille des services militaires volontaires
  28. Les médailles d'honneur ressortissant aux différents départements ministériels
  29. La Médaille d'Afrique du nord et Médaille de reconnaissance de la Nation
  30. Les médailles commémoratives diverses et assimilées

Refus de la décoration Modifier

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  • Le curé d’Ars, saint Jean-Marie Vianney, reçut la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 1855, à son insu : la demande en avait été faite par le sous-préfet de Trévoux et le préfet de l’Ain. Il la refusa au motif que la croix ne rapporterait pas d’argent pour les pauvres. Malgré ce refus, la chancellerie de la Légion d’honneur lui envoya la croix sans demander l’argent. En définitive, il ne la porta jamais mais elle fut posée sur son cercueil[56].
  • Jean Victor Marie Moreau se moquait de l’institution de la Légion d’honneur. Quelqu’un lui disait qu’on avait dessein de donner la croix, non seulement à ceux qui se seraient distingués par la gloire des armes, encore à ceux qui se seraient fait remarquer par leur mérite et par leur savoir. Il s’écria : « Eh bien ! Je vais demander la croix de commandeur de l’ordre pour mon cuisinier, car il a un mérite supérieur dans l’art de la cuisine. » (O'Meara.)
  • Les collaborateurs du Canard enchaîné se sont donné depuis toujours comme règle de refuser les décorations, au premier rang desquelles la Légion d’honneur (Pierre Scize, journaliste, fut renvoyé du journal en 1933 pour l’avoir acceptée bien qu'elle lui fut décernée à titre militaire.)
  • Ils refusèrent la décoration : le dramaturge Népomucène Lemercier refusant de prêter serment à l’Empereur et à sa dynastie, La Fayette, le poète Jean-François Ducis (qui préférait « porter des haillons que des chaînes »[57]), Mgr Maurice de Broglie, Gérard de Nerval, Nadar, George Sand (qui écrivit au ministre qui lui proposait la croix : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l’air d’une vieille cantinière ! »), Honoré Daumier (qui déclara : « Je prie le gouvernement de me laisser tranquille ! »), Émile Littré, Gustave Courbet, Guy de Maupassant, Maurice Ravel (qui refuse immédiatement cette distinction, sans donner de justification), Pierre et Marie Curie (Pierre, à qui l’on proposait la croix, rétorqua simplement : « Je n’en vois pas la nécessité »), Claude Monet, Georges Bernanos[58], Eugène Le Roy, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, Antoine Pinay[59], Brigitte Bardot (qui est décorée en 1985 mais refuse d’aller la chercher), Aimé Césaire, Catherine Deneuve, Claudia Cardinale, Mylène Farmer (à plusieurs reprises)[réf. nécessaire].
  • Hector Berlioz, auquel l’État désargenté voulait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de verser les 3 000 francs promis, s’écria : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! ».
  • Des poètes comme Jacques Prévert, Georges Brassens qui en fit une chanson ou Léo Ferré, qui a brocardé « ce ruban malheureux et rouge comme la honte ».
  • Geneviève de Fontenay, la présidente du Comité Miss France qu’un sénateur de Savoie voulait proposer, l’a aussi refusée pour des raisons inverses : « C’est vraiment désacraliser le ruban que de le distribuer à n’importe qui… comme des médailles en chocolat. »
  • Distingué fin décembre 1997, l’écrivain Bernard Clavel a fait savoir qu’il refusait de recevoir la Légion d’honneur, préférant rester « dans le clan de ceux qui l’ont refusée ». Il a ajouté que son oncle Charles Clavel l’avait reçue parce qu’il avait abondamment versé son sang pour son pays dans une terrible guerre : « Je pense qu’il se retournerait dans sa tombe en me voyant porter le même ruban que lui. » C’est également le cas de Philippe Séguin, dont le père est mort sans la recevoir[60].
  • En 1949, le ministère de l'Éducation nationale propose la décoration à Marcel Aymé. La réponse donnée par l'écrivain est restée célèbre. Il termine son article par ces mots : « [...] pour ne plus me trouver dans le cas d'avoir à refuser d'aussi désirables faveurs, ce qui me cause nécessairement une grande peine, je les prierais qu'ils voulussent bien, leur Légion d'honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens[61]. »
  • Le sculpteur résistant René Iché, décoré comme chevalier pour 1914-1918, refusa la promotion d’officier en 1947 estimant que cette décoration perdait tout sens s’il la recevait en tant qu’artiste ou en tant que résistant pionnier de 1940.
  • Certaines personnes choisissent d’accepter la décoration mais refusent de la porter, par exemple Jean d'Ormesson, de l’Académie française qui déclarait : « Les honneurs, je les méprise, mais je ne déteste pas forcément ce que je méprise. »[62].
  • Erik Satie écrit à propos du refus de la décoration par Maurice Ravel : « Ravel refuse la Légion d'honneur, mais toute sa musique l'accepte. »[63]
  • De même, lorsque Aragon la refuse, Jacques Prévert, feignant la sévérité, lui dit : « C’est très bien de la refuser, mais encore faudrait-il ne pas l’avoir méritée. »[réf. nécessaire] On notera que ce mot est attribué à Erik Satie par Jean Cocteau : « Le tout, disait mon vieux Satie, n'est pas de refuser la Légion d'honneur. Encore faut-il ne pas l'avoir méritée[64]. » On notera aussi que François Mitterrand a remis la Légion d'honneur à Aragon en 1981[65].
  • Edmond Maire la refusa en déclarant : « Ce n’est pas à l’État de décider ce qui est honorable ou pas. »[66]
  • Le 16 octobre 2006, le président de l’organisation d’Éducation supérieure turque et ancien recteur de l’université Galatasaray, le professeur Erdogan Teziç, a rendu la Légion d’honneur qu’il avait reçue le 17 septembre 2004 pour protester contre l’adoption de la loi par l’Assemblée nationale française visant à pénaliser la négation du génocide arménien.
  • Le 2 janvier 2009, Michèle Audin, mathématicienne, membre de l'Oulipo, fille du mathématicien Maurice Audin (1932-1957), refuse le grade de chevalier de la Légion d'honneur au motif de l'absence de réponse du président Sarkozy à la lettre ouverte envoyée par sa mère demandant que soit éclairci le mystère de la disparition de son mari en Algérie et que la France assume sa responsabilité[67].
  • Le 5 janvier 2009, les journalistes politiques Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Ève Malouines (France Info) ont annoncé refuser la décoration : « Rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l’écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l’obligation de refuser cette distinction[68]. »[69]
  • Jean Kreitmann, écrivain évangéliste suisse, refusa le titre de chevalier de la Légion d’honneur sous la présidence de François Mitterrand.
  • Jean Guillou, organiste, l'a refusée en juillet 2010, ne considérant la Légion d'honneur que comme un « accessoire honorifique »[70].
  • Jacques Bouveresse l'a refusée à trois reprises, dont la dernière suite à son attribution par Valérie Pécresse en 2010, ne « souhaitant en aucun cas recevoir de distinctions de ce genre »[71].
  • Didier Dubois, chercheur au CNRS, refuse sa nomination au grade de chevalier en 2010 par la ministre Mme Valérie Pécresse, et s'en explique dans une lettre[72].
  • Henri Torre, ancien ministre, ancien sénateur et président du conseil général de l'Ardèche, refuse la Légion d'honneur le 2 janvier 2012, indiquant qu'« on a nommé trop de gens qui ne méritaient pas d'être nommés... on a bafoué cette haute distinction en nommant n'importe qui »"[73].
  • Jack Ralite, ancien ministre, nommé dans la promotion du 1er janvier 2012, indique le 4 janvier suivant qu'« il n'a pas refusé trois fois la Légion d'honneur sous la gauche pour l'accepter une fois sous la droite », et qu'il ne sera pas « un élu qu'on porte à la boutonnière »[74].
  • Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches à l'INSERM, refuse la Légion d'honneur le 31 juillet 2012, afin de dénoncer l'"indifférence" qui touche la santé au travail et l'impunité des "crimes industriels"[75].

Retrait de la décoration Modifier

La radiation de l’ordre peut intervenir comme sanction ultime en cas d’atteinte à l’honneur ou à la dignité, à la suite d’une procédure disciplinaire au cours de laquelle l’intéressé est appelé à faire valoir sa défense. Cette radiation, qui vaut retrait de la décoration, est automatique en cas de condamnation à une peine d’emprisonnement d’un an et plus pour crime ou en cas de déchéance de la nationalité française[76]. Ce fut le cas de Maurice Papon qui, bien que s’étant vu retirer cette décoration, a néanmoins tenu à être enterré avec[77]. Jean-Claude Labourdette a été également exclu de la Légion d'honneur après sa condamnation en 1994 pour un trafic d'armes au Liban. Le 20 aout 2012, John Galliano s'est également vu retirer sa décoration suite à sa condamnation en septembre 2011 à 6 000 euros d'amende avec sursis pour injures antisémites.[78]

Démission du grand chancelier Modifier

En 1981, le général d’armée Alain de Boissieu, grand chancelier de la Légion d’honneur depuis 1975, démissionne pour ne pas avoir à remettre, comme cela est la tradition pour tout président élu, le collier de grand maître de l’ordre à François Mitterrand, parce que ce dernier avait par le passé traité Charles de Gaulle (dont le général de Boissieu était le gendre) de « dictateur »[79],[80].

Trafics de décorations Modifier

Article détaillé : Scandale des décorations.

En 1887, un scandale politico-financier célèbre en tant qu'affaire des décorations et impliquant le commerce frauduleux de la Légion d'honneur a ébranlé la Troisième République en contraignant le président Jules Grévy (Républicain Modéré) à démissionner de sa charge.

Un second trafic de décorations a été mis à jour, en 1926, cette fois mettant en cause Marcel Ruotte, sous-chef de bureau au service de l'expansion commerciale, chargé du personnel et du classement des dossiers de la Légion d'honneur au ministère du Commerce[81],[82].

Fabricants historiques Modifier

Notes et références Modifier

  1. Précisions également que sous l'Empire, les grands officiers n'eurent jamais droit à la plaque qui leur fut attribuée seulement à la Restauration et leur fut retirée lors des Cent Jours. Rollet 2016
  2. Le grade le plus élevé de la Légion d'honneur (« grande décoration », « grand cordon » puis « Grand aigle ») arborait sous le Premier Empire, en sus de l'étoile de grande taille (70 à de diamètre) attachée au bas du Grand Cordon, une plaque portée « sur le côté gauche des habits » (décret du 10 pluviôse an XIII ou 30 janvier 1805). De plus, sur le manteau (comme on s'en rend compte par exemple pour Talleyrand sur le tableau du sacre de David) le grand dignitaire avait droit à une autre plaque d'imposantes dimensions (de 70 à 170 cm et même davantage). Rollet 2016 Rappelons qu'il exhibait enfin sur la poitrine, à côté de la plaque, une étoile d'or de petit module. Rollet 2016
  1. Sous la Restauration, les membres de l’institution, à qui il fut imposé un nouveau serment et un nouvel insigne, prirent le nom de chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand-croix. Après quelques tâtonnements, ils inaugurèrent le port différencié des décorations encore usité de nos jours : en argent à la boutonnière pour les chevaliers, en or avec un ruban à rosette pour les officiers, en sautoir pour les commandeurs, plaque et insigne d’officier pour les grands officiers, grand cordon et plaque pour les grands-croix. Grande chancellerie 2016.
  1. La commission chargée de préparer le projet de loi fut présidée par Cambacérès
  2. Par 166 voix contre 110.
  3. « La Légion d'honneur au fil du temps », crdp-reims.fr.
  4. Anne de Chefdebien, Laurence Wodey et Bertrand Galimard Flavigny, Ordres et décorations en France, Paris, Musée national de la Légion d'honneur, novembre 2006, 168 p. (ISBN 978-2-901644-15-6), p. 52 .
  5. Anne de Chefdebien, Laurence Wodey et Bertrand Galimard Flavigny, Ordres et décorations en France, Paris, Musée national de la Légion d'honneur, novembre 2006, 168 p. (ISBN 978-2-901644-15-6), p. 60 .
  6. Code, art. R6.
  7. Code, art. R3.
  8. Code, art. R8.
  9. Code, art. R9.
  10. Code, art. R4.
  11. Code, art. R10.
  12. Code, art. R5.
  13. Code, art. R11.
  14. Code, art. R12.
  15. Code, art. R13.
  16. Code, art. R14.
  17. Code, art. R16.
  18. Code, art. R17.
  19. Code, art. R18.
  20. Code, art. R19.
  21. Code, art. R25.
  22. Code, art. R26.
  23. Décret no 2008-1202 du 21 novembre 2008 modifiant le code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire, paru au Journal officiel du 22 novembre 2008 (texte 1).
  24. Décret du 31 décembre 2008 - JO no 01 du 1er janvier 2009.
  25. « Simone Veil devient grand officier », France-Soir,‎ 1er janvier 2009 (consulté le 19 octobre 2010).
  26. Site de l'association Les Honneurs Héréditaires.
  27. Code, art. R28.
  28. Lettre du président de la République au Premier ministre en date du 11 juillet 2008 relative aux ordres nationaux.
  29. Code, art. R31.
  30. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Georgelin.
  31. Code, art. R33.
  32. Code, art. R34.
  33. Le franc-or ou franc Germinal, disparaît avec l'entrée en guerre de la France en 1914 : l'inflation divise par cinq en termes de pouvoir d'achat cette rente dès 1925. À titre d'exemple comparatif, un ouvrier gagnait en 1913, la somme de 5 francs par jour en moyenne.
  34. « Les autres pensions », Ministère de l’Économie et des Finances (consulté le 2 septembre 2012).
  35. « Légion d’honneur », sur le site france-phaleristique.com, consulté le 4 décembre 2009.
  36. « Un sénateur veut en finir avec les traitements liés à la légion d'honneur et à la médaille militaire », L'Essor de la Gendarmerie (consulté le 8 juillet 2016).
  37. Code, art. R48.
  38. Code, art. R50.
  39. Code, art. R51.
  40. Code, art. R52.
  41. Code, art. R53.
  42. Code, art. R128.
  43. « Article 87 – Il sera décerné des récompenses nationales aux guerriers qui auront rendu des services éclatants en combattant pour la République. »
  44. Les 80 décrets, arrêtés pris depuis 1802 ont été fondus dans le Décret no 62-1472 du 28 novembre 1962 pour former le Code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire.
  45. Décoration remise par le président de la République Albert Lebrun le 29 juin 1933.
  46. Décoration remise par le président de la République Albert Lebrun le 22 octobre 1933.
  47. Décoration remise par le président de la République Gaston Doumergue le 26 mai 1929 à l’occasion du centenaire de l’École centrale des arts et manufactures, couramment appelée École centrale Paris.
  48. Décoration remise par le président de la République Albert Lebrun le 17 mai 1938, pour les services essentiels rendus à la Nation. Voir ce site.
  49. Décoration remise par Paul Ramadier le 5 décembre 1937.
  50. Bulletin d'information sociale de la Défense, janvier 2008, p. 21, voir ce site, consulté le 28 février 2009.
  51. Site de France Phaléristique
  52. Site France Phaleristique
  53. Ne pas confondre les unités militaires ayant reçu la fourragère à la couleur du ruban de la croix de la Légion d'honneur (unités citées à six, sept ou huit occasions à l'ordre de l'armée], avec les unités militaires ayant reçu la croix de la Légion d'honneur
  54. « L'école militaire interarmes reçoit la Légion d'honneur»
  55. « Liste des décorations officielles françaises susceptibles d'être portées », sur le site de la Grande Chancellerie de la Légion d'honneur, consulté le 6 avril 2010.
  56. Dans Le Curé d’Ars, Mgr Francis Trochu, 1925.
  57. France phaléristique.
  58. Qui la refusa à quatre reprises.
  59. Qui considérait « qu’il n’y avait rien au-dessus de sa Médaille militaire gagnée au feu durant la Première Guerre mondiale ».
  60. « Avec Philippe Séguin, une certaine idée du gaullisme s’en est allée », La Croix, 7 janvier 2010.
  61. Le Crapouillot, 1950.
  62. « Jean d'Ormesson », Evene.fr (consulté le 21 septembre 2010)
  63. Le Coq, no 1, avril 1920, dans Écrits, éd. Champ libre, 1977.
  64. Jean Cocteau, Journal (1942-1945), 5 avril 1942. Cité sur le site dicocitations.
  65. Valère Staraselski, Aragon: la liaison délibérée : faits et textes, Editions L'Harmattan, 2005, p. 307, ouvrage partiellement consultable sur Google Livres. Voir aussi le site Lyres.
  66. Le Canard enchaîné, 9 janvier 2008.
  67. Edwy Plenel, « La lettre de Michèle Audin à Nicolas Sarkozy », Mediapart, 2 janvier 2009.
  68. « Francoise Fressoz et Marie-Eve Malouines refusent la Légion d'honneur », Libération, 5 janvier 2009.
  69. [PDF] Décret du 31 décembre 2008 portant promotion et nomination, où figurent Françoise Fressoz et Marie-Ève Malouines, au Journal officiel.
  70. « L'organiste Jean Guillou refuse la Légion d'honneur », Libération.
  71. « Il ne peut être question en aucun cas pour moi d’accepter l’honneur supposé qui m’est fait », Agone, 26 juillet 2010.
  72. « Un chercheur du CNRS refuse la Légion d'honneur », {Sciences2},‎ 17 septembre 2010 (consulté le 21 septembre 2010)
  73. L'UMP Henri Torre refuse sa Légion d'honneur
  74. Jack Ralite refuse la Légion d'honneur, Le Monde, 5 janvier 2012
  75. http://www.lepoint.fr/societe/une-chercheuse-refuse-la-legion-d-honneur-05-08-2012-1493122_23.php
  76. Articles R90 et R91 du Code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire, sur legifrance.gouv.fr.
  77. « Maurice Papon, enterré décoré », liberation.fr, 21 février 2007.
  78. http://www.lepoint.fr/societe/john-galliano-prive-de-legion-d-honneur-24-08-2012-1498797_23.php
  79. « BOISSIEU Alain (de) (France) », charles-de-gaulle.org.
  80. « Alain de Boissieu, au service de la France et du Général », revue-republicaine.fr.
  81. André Bessière, Il était une fois la Légion d'honneur : De la croix des braves au ruban rouge, L'Harmattan, 2008, 270 p. [lire en ligne], p. 207 .
  82. « Une affaire de trafic de décorations », Le Petit parisien,‎ 7 novembre 1926 (lire en ligne).
  83. [PDF] « Les colliers de la Légion d'honneur », Musée de la Légion d'Honneur,‎ 30 octobre 2006 (consulté le 22 octobre 2010)

Voir aussi Modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie Modifier

  • « Napoléon et la Légion d'honneur », La Phalère (revue européenne d'histoire des ordres et décorations), no 1, 2000, 341 p.
  • Olivier Ihl, Le Mérite et la République – Essai sur la société des émules, Gallimard, 2007.
  • Frédéric de Berthier de Grandry, Des Premières écoles militaires aux lycées de la Défense, L'Éducation des enfants au sein de l'armée, préface de M. Gérard Larcher, président du Sénat, FBG, diffusion de l'association des AET, 2010.

Filmographie Modifier

Articles connexes Modifier

Liens externes Modifier

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